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Article Publication logo mars 25, 2024

Dans le bassin du Congo, la Françafrique fait feu de tout bois

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Three Baka individuals sit on a bench outside a wood and clay building
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'Hunting in the Forest' stories will look at whether trophy hunting in the forests of the Congo...

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Vue aérienne d’une rivière du bassin du Congo. Image de DR.

Dans le bassin du Congo, quelques institutions et entreprises françaises s’activent en faveur de l’exploitation industrielle des forêts. Parmi elles, le bureau d’études FRM est incontournable. Fort de ses réseaux, il rafle de nombreux contrats dans le secteur, multiplie les champs d’activités et travaille avec des multinationales puissantes telles que TotalEnergies.


Ce n’est que récemment, en enquêtant sur un projet de plantation forestière industrielle de TotalEnergies en République du Congo, que des médias français ont mis en lumière l’existence de Forêt Ressources Management (FRM). Basé à Montpellier, ce bureau d’études travaille depuis 2019 avec le géant pétrolier français sur cette opération congolaise baptisée « Batéké Carbon Sink » (BaCaSi).

FRM n’a cependant rien d’un nouveau venu en Afrique centrale. Au contraire, il opère dans la région depuis trente ans, travaillant pour des entreprises forestières, des États, bénéficiant de fonds de la coopération française, et s’associant avec des groupes financiers puissants.


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Devenu incontournable, il peut être considéré comme l’un des meilleurs représentants du microcosme d’acteurs français qui façonne depuis des décennies le secteur forestier du bassin du Congo (Cameroun, République du Congo, République démocratique du Congo, Gabon, République centrafricaine), et au-dessus duquel flotte un parfum de mélange des genres et de conflits d’intérêts.

Le rôle majeur de la France

Depuis la période coloniale, la France n’a jamais cessé de jouer un rôle de premier plan dans la gestion des forêts de la région et dans l’élaboration des lois forestières, à travers ses financements, ses institutions et sa participation à des structures multilatérales, comme l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (Cafi) et le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC), dont un diplomate français, Christophe Guilhou, est actuellement l’un des « co-facilitateurs ».

La politique de Paris consiste depuis trois décennies à encourager et à défendre l’exploitation industrielle des forêts, en faisant la promotion du plan d’aménagement forestier, un outil de gestion devenu, à son instigation et à celle de la Banque mondiale, une obligation légale pour les entreprises forestières concessionnaires. Certaines de ses institutions publiques, l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), ont financé la conception de nombreux plans d’aménagement, tandis qu’une autre, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), a travaillé à leur élaboration.

L’action de la France a profité aux compagnies forestières tricolores qui ont longtemps opéré dans la région – elles sont de moins en moins nombreuses. Parmi elles, le groupe Rougier, qui exploite actuellement plus de 1,5 million d’hectares de concessions forestières au Congo-Brazzaville et au Gabon ; Pallisco, filiale du groupe Pasquet, présente au Cameroun ; la Compagnie des bois du Gabon (CBG), qui gère 600 000 hectares de forêts et dont TotalEnergies est devenu en 2021 l’actionnaire à 49 %.

Certaines de ces sociétés ont développé des liens étroits avec des élites politiques locales. Par exemple, Rougier compte depuis quelques années dans le conseil d’administration de sa filiale, Rougier Afrique International, un ancien directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo Ondimba (renversé en août 2023), Théophile Ogandaga. Ce dernier était déjà en poste à la présidence lorsqu’il est devenu administrateur.

Des frontières poreuses

Autres grands bénéficiaires de la politique de Paris : des bureaux d’études français, qui se sont spécialisés dans la conception de plans d’aménagement forestier et la mise en œuvre de projets liés à la gestion des forêts. FRM entre dans cette catégorie, comme d’autres sociétés dont le nombre a peu à peu grossi : Terea, Oreade Brèche, l’ONF International, SalvaTerra, Egis International...

Le rôle principal de ces cabinets de conseil « est d’appuyer les acteurs locaux et de les former à la gestion durable des ressources », notait une étude publiée en 2006 par le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo. Mais, ajoutait-elle, « ils tendent souvent à réaliser eux-mêmes les travaux pour lesquels ils sont contractés sans prévoir suffisamment la formation de capacités locales et le transfert de leurs activités à des nationaux ».

Les frontières entre ces structures françaises, publiques ou privées, actives dans le secteur forestier, sont poreuses. Elles ont toutes eu à travailler les unes avec les autres sur différents projets et sont pour la plupart adhérentes de l’Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT), basée en France, qui œuvre à la promotion des bois tropicaux et défend l’industrie du bois en Afrique centrale1.

Les liens qui les unissent passent également par leurs personnels : d’anciens employés d’entreprises forestières ou du Cirad ont rejoint les rangs de l’AFD avant d’être recrutés par des bureaux d’études, et vice versa. Un cadre du groupe Rougier a par exemple travaillé plusieurs années pour FRM. Une partie de ces professionnels ont étudié à l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (Engref), qui forme en France des ingénieurs forestiers. Les membres de ce petit cercle, au profil demeuré inchangé depuis trente ans, sont des habitués de certains bureaux ministériels de la région. Un exemple : entre le 26 janvier et le 15 février 2024, la ministre congolaise de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a reçu successivement des représentants de FRM, de Terea, du groupe Rougier, du cabinet d’audit français Deloitte et enfin du Cirad.

Une approche « très franco-française »

Dans cet ensemble, FRM, qui a créé plusieurs filiales, se détache du lot par son omniprésence. Il se présente d’ailleurs lui-même comme « un acteur majeur du secteur du bois, de la forêt et des plantations agroforestières en Afrique ». Son « dirigeant et son équipe d’ingénieurs ont tissé d’importants liens avec les compagnies forestières, les industriels de la forêt et du bois, les autorités locales, la société civile et les bailleurs internationaux dans de très nombreux pays », selon un communiqué de presse copublié en 2021 avec TotalEnergies.

Pour le groupe, créé en 1987 et dirigé par un ancien chercheur du Cirad, Bernard Cassagne, le développement des plans d’aménagement dans le bassin du Congo, lancé au milieu des années 1990, a été une aubaine. Les premières années, FRM a été l’une des rares entreprises à opérer dans ce domaine et s’est vu confier de nombreux contrats, souvent financés par de l’argent public français.

Il a ainsi été choisi pour copiloter divers projets « d’appui à la gestion durable des forêts », préparés et en partie payés par l’AFD mais aussi par les pays où ils ont été mis en œuvre, à savoir la République du Congo, la République centrafricaine, le Gabon, la République démocratique du Congo (RDC). Ces programmes, qui ont chacun coûté un minimum de 10 millions d’euros et ont duré plusieurs années, visaient à aider, financièrement et techniquement, des entreprises forestières à se doter de plans d’aménagement forestier – de l’argent public a ainsi permis à des opérateurs privés (français, souvent) de se mettre en conformité avec des lois adoptées à l’instigation de la France. Quels ont été les résultats de ces projets ? Impossible de le savoir : aucun rapport d’évaluation n’a été rendu public.

En 2011, un bilan de l’action de l’AFD dans le secteur forestier du bassin du Congo estimait que du fait du « nombre restreint de bureaux [d’études], tous français et très orientés sur les aspects techniques », et dont FRM était le plus en vue, « l’exploration » d’autres modèles d’aménagement avait été probablement limitée2. L’approche est restée « très franco-française ».

Des partenaires accusés de pratiques illégales

Au fil des décennies, le groupe FRM a été amené à travailler pour la plupart des entreprises forestières de la région – des multinationales essentiellement. Il affirme avoir préparé des plans d’aménagement pour près de 27 millions d’hectares de forêts naturelles dans le bassin du Congo – sur un total de 32 millions d’hectares actuellement sous aménagement. Cela fait de lui le « leader dans la fourniture de services pour l’aménagement et l’exploitation durable des forêts tropicales, et pour le développement de la filière des bois tropicaux », d’après l’ATIBT.

En 2016, son patron, Bernard Cassagne, a été fait chevalier de la Légion d’honneur par l’État français sur proposition du ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, « pour sa carrière et son engagement depuis bientôt 40 ans au service de l’aménagement et de la sauvegarde des forêts tropicales en Afrique, en particulier dans le bassin du Congo ».


Bernard Cassagne (à gauche), lors de la signature d’un contrat entre la FRM et la Société nationale des pétroles du Congo, en septembre 2023. Image de DR.

Il y a cependant au moins une ombre au tableau. Plusieurs des entreprises forestières partenaires de FRM ont été accusées par des ONG et par des structures de contrôle indépendantes de conduire des opérations illégales : exploitation de forêts sans permis, dépassement des quotas de coupe, vente d’essences protégées, sous-paiement des redevances...3 En 2019, l’ONG étatsunienne Environmental Investigation Agency (EIA) a notamment accusé de corruption Sino Congo Forêt (Sicofor), filiale du groupe chinois Dejia, et a diffusé les propos d’un de ses cadres détaillant le système de pots-de-vin payés par l’entreprise aux autorités congolaises. Sicofor s’est défendue en déclarant que FRM, avec qui elle était sous contrat, contrôlait minutieusement toutes ses activités depuis 2016 et que les conclusions de ses rapports de vérification annuels étaient toujours « positives ».

Au fil des ans, le cabinet d’ingénierie forestière a élargi son champ d’action. Au Gabon, où il a créé une filiale, il est partenaire de GSEZ, une société détenue par l’État gabonais et le géant singapourien de négoce et de courtage de denrées alimentaires Olam, et associé à une ONG, BrainForest, pour gérer un « bureau de certification et traçabilité » du bois qui transite par la zone économique spéciale de Nkok – et dont une partie provient des concessions des entreprises forestières pour lesquelles il travaille.

De nouvelles opportunités de marché

Il a su aussi, comme d’autres, profiter des opportunités de marchés engendrées par les multiples accords internationaux et multilatéraux sur le climat et les forêts tropicales signés depuis les années 1990. Il est maintenant impliqué dans des programmes financés par des États ou des bailleurs de fonds internationaux, comme la Banque mondiale ou l’Union européenne, pour élaborer des plans de réduction d’émissions de carbone, mesurer la déforestation ou la dégradation forestière, déterminer des zones d’intérêts écologiques, etc. Il est par exemple l’opérateur principal d’un projet visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de la déforestation et de la dégradation des forêts en RDC, dans la province du Maï-Ndombe. Baptisé Piredd, ce projet en cours de réalisation est financé par Cafi, l’État congolais et la Banque mondiale.

FRM n’est pas qu’un simple exécutant. Il contribue aussi à des travaux de recherche comme s’il était un acteur neutre. Il a par exemple participé en 2016 à la rédaction d’un « Mémento du forestier tropical » coédité par le Cirad, et à celle d’un « État des forêts [du bassin du Congo] 2021 », publié par le Centre pour la recherche forestière internationale (Cifor) et financé par l’Union européenne.

Le groupe a également joué un rôle déterminant pour diffuser le modèle d’aménagement forestier porté par Paris. Il a en effet rédigé plusieurs documents de stratégies nationales ou régionales et des analyses pour des États, des institutions internationales et régionales, dans lesquels il en faisait la promotion. Au début des années 2000, il a notamment expliqué dans un rapport commandé par la Banque mondiale que l’outil « plan d’aménagement » s’imposait pour gérer les forêts de la RDC.

Plus tard, en 2018, il a conçu, à la demande de la Banque africaine de développement (BAD) dont la France est actionnaire, un document de stratégie pour « la filière bois » du bassin du Congo, dans lequel il recommande d’augmenter le nombre des concessions forestières pour l’exploitation industrielle – il affirme qu’il est nécessaire de faire passer la superficie des concessions d’environ 50 millions d’hectares aujourd’hui à 75 millions d’hectares – et de doubler la production de bois.

Des interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts

Fin connaisseur du secteur forestier de la région, le chercheur indépendant Arnaud Labrousse (un pseudonyme choisi en 2002 pour éviter d’éventuelles représailles après la parution du livre Les Pillards de la forêt. Exploitations criminelles en Afrique (Agone, 2002), coécrit avec François-Xavier Verschave) fait partie de ceux qui s’étonnent de voir FRM remporter régulièrement de tels contrats de consultance en dépit des risques de conflits d’intérêts que font peser ses relations avec les compagnies forestières et ses activités dans le secteur. Le chercheur a par exemple tiqué lorsque le bureau de conseil a été choisi pour mener une étude sur le « capital forestier » de la RDC dans le cadre d’un programme d’appui à la réforme de l’aménagement du territoire, mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et financé par Cafi. Cette étude, lancée en 2023, doit « déterminer les potentiels écologiques, économiques et sociaux des massifs forestiers pour l’ensemble du territoire national ».

C’est donc l’entreprise qui « a bossé pour tous les plus grands noms de l’exploitation forestière en RDC qui va nous dire où ce serait bien de faire de l’exploitation forestière », a réagi Arnaud Labrousse dans une boucle d’emails. Contacté par Afrique XXI sur le risque de conflits d’intérêts que posait ce contrat, le Pnud a répondu que le dossier de FRM ne présentait « aucun élément répondant aux critères d’exclusion » de ses appels d’offres.

Il y a néanmoins eu une controverse au sujet de son implication dans un projet d’Appui à la gestion durable des forêts (Agedufor) en RDC, qu’il a copiloté et pour lequel l’AFD a dépensé près de 11 millions d’euros. Dans un rapport d’évaluation de mi-parcours de ce programme mené de 2011 à 2019, il est indiqué que « la position omniprésente » de l’entreprise française a suscité des interrogations sur « d’éventuels conflits d’intérêts ». Ce document cite des propos tenus par l’un des acteurs du projet (dont le nom et la fonction ne sont pas précisés) : « C’est vrai, on retrouve FRM partout. Ils réalisent les plans de gestion et d’aménagement, ils étaient dans la formulation des guides opérationnels [pour l’aménagement durable], ils sont encore dans l’Agedufor et encore dans le projet [d’élaboration] des clauses sociales [des plans d’aménagement] ». La même personne ajoutait toutefois : « Mais nous ne voyons pas de conflits d’intérêts dans ce monopole. Au contraire, au moins le langage technique est cohérent tout le long. Et puis, vous savez, ils cloisonnent leur travail. » Le rapport d’évaluation finit par conclure que « la position particulière de FRM ne nuit pas à la cohérence interne du projet ».

Un expert qui souhaite garder l’anonymat nous donne un autre avis : « D’un côté, le groupe fournissait dans le cadre de l’Agedufor une assistance technique pour estimer la qualité des plans d’aménagement ; de l’autre, c’était lui qui concevait les plans d’aménagement. Il était juge et partie. » Contacté, le groupe n’a pas répondu à nos questions.

Le business des plantations forestières

Depuis quelques années, FRM a investi un nouveau secteur. Tout en continuant à conseiller des entreprises qui exploitent les forêts, il développe lui-même des plantations industrielles d’arbres. Il a commencé cette activité au début des années 2010 : avec Rougier, il a fondé au Gabon une entreprise, Lignafrica, spécialisée dans des plantations destinées à produire du bois d’œuvre. Peu après son lancement, Lignafrica a obtenu un marché de 23 millions d’euros accordé par l’État du Gabon pour planter des arbres sur 40 000 hectares. Ce contrat a été signé à l’occasion d’une visite à Libreville du Premier ministre français de l’époque, François Fillon, venu depuis Paris avec, entre autres, le patron du groupe Rougier.

Peu après, FRM faisait la promotion du système de plantations. En 2013, alors qu’il cherchait des marchés dans cette branche, il a fait partie d’un groupe d’experts qui préconisait, dans un rapport concernant le Cameroun et commandé par la Banque mondiale, le lancement d’un « programme de plantation de bois d’œuvre », présentant cette mesure comme d’une « importance stratégique toute particulière »« un point de passage incontournable ».

Lignafrica n’a pas vécu longtemps : elle a été liquidée en 2018. FRM n’a pas renoncé pour autant à ce business des plantations forestières. Il faut dire que celui des forêts naturelles n’est plus aussi attractif qu’autrefois : le modèle d’aménagement forestier que le groupe a contribué à diffuser pendant trente ans est de plus en plus controversé et qualifié de défaillant par des chercheurs et des ingénieurs forestiers, au Cameroun en particulier.

C’est pour l’instant surtout au Congo-Brazzaville qu’il développe des plantations. Il a créé dans ce but plusieurs filiales : Forest Neutral Congo (FNC), qui a obtenu en 2020 un bail emphytéotique de soixante ans pour 70 000 hectares de terres, la société Plantations forestières Batéké Brazzaville (SPF2B), Congo Forest Plantation (Cofor), Acacia Batéké capital (ABC).

La manne des crédits-carbone

Avec une partie des millions d’arbres qu’il compte planter ou qu’il a déjà plantés sur des dizaines de milliers d’hectares, le groupe veut générer des crédits-carbone qui seront revendus sur le marché volontaire du carbone ou compenseront des émissions de CO2. Il dit miser sur une très forte demande mondiale en crédits-carbone « à court et moyen terme ».

Pour atteindre ses objectifs, il s’est associé avec des multinationales françaises évoluant dans d’autres secteurs. Sur son initiative, sa filiale FNC travaille avec TotalEnergies sur le projet BaCaSi, dont elle gère les aspects techniques mais aussi sociaux, bien qu’elle n’ait que peu d’expérience dans ce domaine. SPF2B et ABC collaborent de leur côté avec le groupe financier privé franco-allemand Oddo-BHF. FRM fait par ailleurs équipe, depuis fin 2023, avec la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), une entreprise publique, pour planter 50 000 hectares d’arbres au nord de Brazzaville.

Mais ces activités menées avec des partenaires financiers puissants et connus l’exposent désormais aux critiques. Son nom a été cité dans des rapports d’ONG, dont le Comité contre la faim et pour le développement (CCFD), basé à Paris, qui a qualifié BaCaSi « d’opération de greenwashing destructrice ». Le comité local de Montpellier de l’Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne (Attac) l’a aussi étrillé dans un communiqué en 2021.

Ses projets de plantations ont cependant une vertu qui ne doit pas déplaire aux autorités françaises : ils permettent de renforcer un peu plus l’influence de la France et ses relations avec les plus hautes autorités du Congo-Brazzaville. En 2020, les patrons de FRM et d’Oddo-BHF ont été reçus par le président Denis Sassou-N’Guesso, qui a aujourd’hui 80 ans et cumule quarante ans au pouvoir. FRM n’est pas le seul acteur français du secteur à resserrer les liens avec Brazzaville : fin 2023, le Cirad a signé un accord avec le gouvernement congolais pour appuyer techniquement un projet d’aménagement de son territoire (et notamment de ses forêts), qui doit durer cinq ans et qui est cofinancé... par l’AFD.

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